Conformité UE 6 min de lecture
DUERP évaluation des risques professionnels : checklist pratique
Cette checklist aide l’employeur à vérifier la conformité du document unique d’évaluation des risques professionnels en France. Elle couvre le périmètre, la méthode, les mises à jour, la conservation et le plan d’action.
DUERP évaluation des risques professionnels : checklist pratique
Cette checklist s’utilise lors de la création, de la révision ou de l’audit du document unique en France. Le DUERP évaluation des risques professionnels doit refléter les situations réelles de travail, justifier les priorités d’action et rester accessible aux personnes habilitées.
1. Périmètre et responsabilités
Vérifier l’employeur concerné
- Contrôle : l’entreprise emploie au moins un salarié.
- Critère de conformité : l’employeur a formalisé une évaluation des risques pour chaque unité de travail, conformément à l’article L. 4121-3 du Code du travail.
Le DUERP concerne les entreprises privées, les établissements publics soumis au Code du travail et les associations employeuses. La responsabilité de l’évaluation reste celle de l’employeur, même si la rédaction est confiée au service HSE, au SPSTI, à un consultant ou à un logiciel.
- Contrôle : les personnes ayant contribué à l’évaluation sont identifiées.
- Critère de conformité : le document indique au minimum le pilote, les participants, les dates d’observation et les unités de travail examinées.
La consultation du CSE, lorsqu’il existe, doit être intégrée au processus. Les représentants du personnel peuvent notamment contribuer à l’analyse des expositions, des accidents, des situations de travail et des mesures de prévention.
2. Unités de travail et situations exposantes
Vérifier le découpage opérationnel
- Contrôle : les unités de travail correspondent à des activités réellement exercées.
- Critère de conformité : le découpage ne se limite pas aux intitulés de postes ; il tient compte des lieux, équipements, horaires, flux, produits et modes opératoires.
Une unité de travail peut regrouper plusieurs postes si les conditions d’exposition sont comparables. À l’inverse, un même métier doit être séparé lorsque l’environnement, les machines ou l’organisation modifient sensiblement les risques.
Contrôle : les situations de travail occasionnelles sont incluses.
Critère de conformité : le DUERP couvre les opérations de maintenance, nettoyage, livraison, chargement, travail isolé, interventions d’entreprises extérieures et situations d’urgence.
Contrôle : les travailleurs vulnérables ou exposés à des contraintes particulières sont pris en compte.
Critère de conformité : l’analyse examine notamment les nouveaux embauchés, les salariés temporaires, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes en situation de handicap et les travailleurs de nuit, sans divulguer de données médicales.
Le document doit décrire le danger, la situation dangereuse, les personnes exposées et les dommages possibles. Une simple liste de risques génériques, sans lien avec une activité observée, ne permet pas de démontrer une évaluation effective.
3. Méthode d’évaluation et hiérarchisation
Vérifier la cohérence de la cotation
- Contrôle : une méthode d’évaluation est définie avant la cotation.
- Critère de conformité : l’entreprise explique les échelles utilisées pour la gravité, la fréquence ou la probabilité, ainsi que la règle de classement des priorités.
La méthode peut utiliser une matrice, une cotation semi-quantitative ou une analyse par scénarios. Le point essentiel est la reproductibilité : deux évaluateurs doivent pouvoir comprendre pourquoi une situation est classée prioritaire.
- Contrôle : les mesures de prévention existantes sont distinguées des actions à engager.
- Critère de conformité : chaque risque indique les protections techniques, organisationnelles et individuelles déjà en place, puis les écarts restant à traiter.
La hiérarchie de prévention de l’article L. 4121-2 doit guider les décisions : éviter le risque, l’évaluer, le combattre à la source, adapter le travail à l’homme, privilégier les protections collectives et n’utiliser les EPI qu’en complément lorsque nécessaire.
- Contrôle : les risques réglementés font l’objet d’un examen spécifique.
- Critère de conformité : l’évaluation traite, selon l’activité, le bruit, les agents chimiques, les manutentions, les chutes, les vibrations, les risques psychosociaux, les températures extrêmes et la circulation interne.
Pour le bruit, par exemple, les seuils de la réglementation sur les agents physiques doivent être vérifiés avec les mesures disponibles. Pour les produits chimiques, l’inventaire doit être rapproché des FDS à jour, des valeurs limites d’exposition professionnelle et des procédés réellement utilisés.
4. Mise à jour et traçabilité
Vérifier le calendrier réglementaire
Contrôle : le DUERP est mis à jour lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité.
Critère de conformité : la révision intervient avant ou au moment de la mise en œuvre du changement, avec une analyse des nouveaux risques.
Contrôle : les nouvelles informations sur un risque sont intégrées.
Critère de conformité : accident, maladie professionnelle, presque-accident, mesure dépassant une valeur de référence ou alerte terrain déclenche une revue documentée.
Contrôle : la périodicité minimale est respectée.
Critère de conformité : dans les entreprises d’au moins 11 salariés, le DUERP est mis à jour au moins une fois par an, conformément à l’article R. 4121-2 du Code du travail.
L’obligation annuelle ne dispense pas d’une mise à jour immédiate lorsqu’un changement important intervient. Dans une entreprise de moins de 11 salariés, l’absence de périodicité annuelle ne supprime pas l’obligation de réviser le document lorsque les conditions l’exigent.
- Contrôle : les versions antérieures sont conservées.
- Critère de conformité : chaque version est datée, approuvée, identifiable et conservée pendant au moins 40 ans à compter de son élaboration, conformément à l’article R. 4121-4.
La traçabilité doit permettre de relier une action à la version du DUERP qui l’a motivée. Conservez les comptes rendus de visite, relevés de mesures, feuilles d’émargement, décisions du CSE et preuves de réalisation dans un dossier maîtrisé.
5. Programme d’actions et accès
Vérifier que l’évaluation débouche sur des mesures
- Contrôle : chaque risque prioritaire possède un responsable et une échéance.
- Critère de conformité : le plan d’action précise la mesure, le pilote, le budget ou les ressources nécessaires, la date cible et l’indicateur de clôture.
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail, prévu à l’article L. 4121-3-1, doit présenter les mesures à prendre, leurs conditions d’exécution, les ressources mobilisées et un calendrier. En dessous de 50 salariés, les actions prévues dans le DUERP et leur mise à jour doivent rester formalisées.
Contrôle : les mesures sont vérifiées après leur déploiement.
Critère de conformité : l’entreprise contrôle l’efficacité de l’action et réévalue le risque résiduel au lieu de clôturer l’action sur la seule base de sa mise en œuvre.
Contrôle : les modalités d’accès sont définies.
Critère de conformité : le DUERP est accessible aux travailleurs, aux anciens travailleurs pour les versions couvrant leur période d’activité, aux membres du CSE, au service de prévention et de santé au travail, à l’inspection du travail et aux agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale, selon leurs droits d’accès.
Le DUERP ne doit pas contenir de diagnostic médical nominatif. Les informations de santé restent couvertes par le secret médical et doivent être traitées par les professionnels compétents.
6. Contrôle final avant diffusion
Contrôle : la version publiée comporte un numéro, une date et un périmètre.
Critère de conformité : aucune unité de travail, aucun atelier ou aucune activité sous-traitée pertinente n’est absent sans justification.
Contrôle : les constats sont vérifiables.
Critère de conformité : les évaluateurs peuvent retrouver les observations, mesures, entretiens ou documents ayant servi à la cotation.
Contrôle : les actions ouvertes sont suivies.
Critère de conformité : les retards, arbitrages et risques résiduels sont présentés au responsable compétent et, le cas échéant, au CSE.
À noter pour les lecteurs de Belgique, du Canada et de Suisse : le DUERP est un dispositif propre au droit français. Les principes de prévention sont transposables, mais les documents équivalents, autorités compétentes et exigences de conservation doivent être vérifiés dans le droit national applicable.
À retenir
Un DUERP évaluation des risques professionnels conforme n’est pas un inventaire figé. Il doit couvrir les unités de travail réelles, expliquer la méthode, déclencher des actions hiérarchisées et conserver la preuve des mises à jour. Avant chaque diffusion, vérifiez surtout les articles L. 4121-2, L. 4121-3, L. 4121-3-1, R. 4121-2 et R. 4121-4 du Code du travail.
Faits clés
Affirmations lisibles par machine extraites des sources ci-dessus. Chaque fait conserve le même identifiant dans les six versions linguistiques.
Article R. 4121-2
Dans les entreprises d’au moins 11 salariés, le DUERP est mis à jour au moins une fois par an.
Identifiant du fait:
mise_a_jour_annuelle40 ans
Les versions successives du DUERP sont conservées pendant au moins 40 ans à compter de leur élaboration.
Identifiant du fait:
conservation_quarante_ansArticle L. 4121-3-1
Les entreprises d’au moins 50 salariés établissent un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail.
Identifiant du fait:
programme_preventionArticle L. 4121-2
La prévention doit notamment combattre les risques à la source et privilégier les protections collectives sur les protections individuelles.
Identifiant du fait:
principes_preventionArticle L. 4121-3
L’employeur évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs et les consigne dans le document unique.
Identifiant du fait:
evaluation_obligatoire
Questions fréquentes
À quelle fréquence faut-il mettre à jour le DUERP ?
Dans les entreprises d’au moins 11 salariés, la mise à jour intervient au moins une fois par an. Elle est également obligatoire lors d’un aménagement important ou lorsqu’une nouvelle information modifie l’évaluation d’un risque.
Combien de temps faut-il conserver les versions du DUERP ?
Les versions successives doivent être conservées pendant au moins 40 ans à compter de leur élaboration, conformément à l’article R. 4121-4 du Code du travail.
Le DUERP est-il obligatoire pour une entreprise sans CSE ?
Oui. L’obligation d’évaluer les risques s’applique dès le premier salarié. L’absence de CSE ne dispense pas l’employeur de rédiger, mettre à jour et tenir le DUERP à disposition.