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NF EN 13036-1 : réussir l’essai d’adhérence d’une chaussée
Les nouvelles campagnes de contrôle de sécurité routière imposent de documenter l’adhérence des revêtements avec une méthode reproductible. Ce guide détaille, dans l’ordre, la préparation, l’essai au pendule et le rapport selon la NF EN 13036-1.
NF EN 13036-1 : réussir l’essai d’adhérence d’une chaussée
Lorsqu’une directive locale déclenche un contrôle de sécurité routière, la question n’est pas seulement de mesurer un coefficient : il faut pouvoir démontrer que la zone, l’appareil, l’état de mouillage et le calcul sont maîtrisés. La nf en 13036-1 essai adhérence chaussée fournit le cadre de l’essai au pendule pour caractériser la résistance au glissement d’une surface mouillée.
La norme ne fixe pas, à elle seule, le seuil d’acceptation d’une route ou d’un aérodrome. Ce seuil relève du maître d’ouvrage, du CCTP, de l’autorité routière ou d’une instruction locale. La méthode doit donc être appliquée avec l’édition normative citée dans le marché.
1. Cadrer la demande avant d’aller sur site
Commencez par identifier l’objet exact du contrôle : réception d’un enrobé, diagnostic d’une zone accidentogène, vérification après traitement de surface ou suivi d’un itinéraire. Notez la référence du chantier, le type de revêtement, la date de mise en service et le seuil contractuel à comparer au résultat.
La NF EN 13036-1 méthode essai adhérence revêtement concerne la mesure au pendule sur une surface préalablement mouillée. Elle n’est pas interchangeable avec une mesure continue au SCRIM, une remorque de glissance ou un essai de macrotexture selon la NF EN 13036-1, partie 2. Si le donneur d’ordre demande une valeur de frottement en continu, il faut une autre procédure.
Vérifiez aussi l’édition applicable. En France, la référence à rechercher est la NF EN 13036-1 dans le catalogue AFNOR ; en Belgique, la version NBN correspondante peut être contractuelle ; au Canada ou en Suisse, la norme EN peut être citée comme méthode de comparaison, sans remplacer les exigences nationales du projet.
2. Préparer l’appareil et la zone d’essai
L’appareil est le pendule de frottement, équipé d’un patin en caoutchouc. La clause 6 décrit les caractéristiques de l’équipement et du patin ; la longueur nominale du patin est de 76,2 mm et sa largeur nominale de 25,4 mm. Utilisez un certificat d’étalonnage en cours de validité et consignez l’identification du pendule, du patin et de la balance ou du dispositif de contrôle utilisé.
Avant la mesure :
- Inspectez le patin : absence de déchirure, d’arrachement ou de pollution par bitume, huile ou poussière.
- Contrôlez le zéro, la verticalité, le mécanisme de déclenchement et le réglage de la hauteur de chute conformément à la notice de l’appareil.
- Nettoyez la zone sans polir la surface et retirez les débris libres.
- Repérez les points de mesure, leur sens et leur position par rapport à la voie, à la bande de roulement ou à la singularité étudiée.
- Relevez la température de l’air et de la surface, l’humidité, la pente, le type de revêtement et toute présence de contamination.
La surface doit être représentative. Évitez de placer le patin sur une fissure, une réparation ponctuelle ou un granulat manifestement isolé, sauf si cette singularité constitue précisément l’objet de l’expertise. Dans ce cas, séparez les résultats « zone courante » et « défaut local ».
3. Conditionner le contact et mouiller correctement
La clause 8 traite de la préparation de la zone ; la clause 9 décrit la conduite de l’essai. Mouillez la trajectoire de glissement de façon régulière, sans créer de ruissellement. Une pellicule d’eau de l’ordre de 0,5 à 1,0 mm est généralement visée pour l’essai au pendule ; la valeur à retenir est celle de l’édition normative et de la procédure qualité du laboratoire.
Le mouillage doit couvrir toute la longueur de contact du patin. Un film discontinu donne souvent une valeur artificiellement élevée ; une flaque peut au contraire perturber le mouvement et rendre la lecture instable. Utilisez une eau propre, à température maîtrisée, et notez toute condition qui s’écarte de la procédure.
Réalisez quelques mouvements de conditionnement lorsque le protocole de l’appareil le prévoit. Le patin ne doit pas être contaminé entre deux points. Si la surface sèche, si le patin se déplace latéralement ou si le pendule touche un obstacle, interrompez la série, corrigez la cause et recommencez avec une nouvelle séquence clairement identifiée.
4. Exécuter la série de mesures
Positionnez le pendule dans le sens prescrit par le plan de contrôle. Pour une chaussée, indiquez séparément le sens de circulation et le sens du déplacement du patin : la macrotexture et l’orientation des granulats peuvent influencer le résultat.
Libérez le pendule sans impulsion additionnelle et relevez l’indication après chaque oscillation. La procédure doit préciser le nombre de mouvements de stabilisation, le nombre de lectures retenues et la manière de calculer la moyenne. Dans la pratique, on écarte la première lecture lorsque le conditionnement du contact n’est pas encore stabilisé ; ne le faites toutefois que si votre édition et votre procédure l’autorisent.
Répétez la mesure sur plusieurs points représentatifs. Le résultat doit être exprimé comme une valeur de pendule, couramment appelée PTV, et non comme un coefficient de frottement sans justification. La NF EN 13036-1 coefficient frottement route est souvent recherchée sous cette forme, mais le PTV n’est pas automatiquement égal à un coefficient physique sans dimension.
Pour un contrôle d’acceptation, ne remplacez pas une valeur manquante par la moyenne du chantier. Identifiez-la comme non valide, recherchez la cause — mouillage, patin, lecture ou géométrie — puis répétez l’essai selon la procédure documentée.
5. Calculer, qualifier et rédiger le rapport
La clause 10 encadre l’expression des résultats. Calculez la moyenne de la série retenue selon la règle prévue, conservez les lectures individuelles et indiquez la dispersion lorsque votre plan qualité l’exige. Ne comparez jamais un résultat obtenu sur surface sèche avec un seuil défini pour surface mouillée.
Le rapport prévu à la clause 11 doit permettre à un tiers de reproduire ou d’auditer l’opération. Il comprend au minimum :
- la référence complète de la norme et son édition ;
- le site, la localisation précise et le sens de mesure ;
- la nature, l’âge et l’état du revêtement ;
- l’identification du pendule, du patin et de l’étalonnage ;
- les conditions météorologiques, la température et le mode de mouillage ;
- les lectures brutes, les valeurs écartées avec leur motif et le résultat final ;
- le seuil contractuel et la conclusion de conformité, si ce seuil a été fourni.
La NF EN 13036-1 mesure adhérence laboratoire exige la même discipline documentaire qu’une campagne in situ : traçabilité du matériel, conditions d’essai et résultat brut. Un laboratoire accrédité selon la NF EN ISO/IEC 17025 peut apporter une garantie supplémentaire sur la compétence et l’impartialité, mais l’accréditation ne dispense pas de vérifier le domaine exact couvert.
Erreurs fréquentes et reprise de l’essai
Les écarts les plus courants proviennent d’un patin usé, d’un mouillage insuffisant, d’une trajectoire mal repérée ou d’une confusion entre PTV et coefficient de frottement. Une autre erreur consiste à appliquer un seuil issu d’un ancien marché à une nouvelle formulation d’enrobé sans vérifier la base contractuelle.
Si deux opérateurs obtiennent des résultats très différents, ne faites pas une moyenne immédiate. Comparez d’abord le point mesuré, le sens du pendule, la température, l’état du patin, le volume d’eau et la séquence de lectures. Réalisez ensuite une série contradictoire, avec un appareil vérifié, et annexez les deux séries au rapport.
À retenir
Pour un nf en 13036-1 essai adhérence chaussée défendable, la priorité est la chaîne complète : définir le seuil applicable, préparer une zone représentative, mouiller uniformément, stabiliser le contact, conserver les lectures brutes et rapporter le PTV avec ses conditions d’obtention. La norme organise la mesure ; l’autorité routière ou le marché décide ensuite si le niveau obtenu est acceptable.
Faits clés
Affirmations lisibles par machine extraites des sources ci-dessus. Chaque fait conserve le même identifiant dans les six versions linguistiques.
Clause 5
La clause 5 décrit le principe de détermination de la résistance au glissement au moyen du pendule sur une surface mouillée.
Identifiant du fait:
clause_5_principe76,2 mm × 25,4 mm
Le patin de référence présente une longueur nominale de 76,2 mm et une largeur nominale de 25,4 mm.
Identifiant du fait:
patin_dimensionsenviron 0,5 à 1,0 mm
La trajectoire de contact est mouillée par une pellicule régulière de l’ordre de 0,5 à 1,0 mm, sous réserve de l’édition et de la procédure applicables.
Identifiant du fait:
film_eauClause 10
La clause 10 traite du calcul et de l’expression des résultats de l’essai.
Identifiant du fait:
clause_10_resultatsClause 11
La clause 11 précise les éléments à consigner dans le rapport d’essai.
Identifiant du fait:
clause_11_rapport
Questions fréquentes
La NF EN 13036-1 donne-t-elle un seuil réglementaire d’adhérence ?
Non. Elle décrit principalement l’essai au pendule et l’expression du résultat. Le seuil d’acceptation doit être recherché dans le CCTP, le marché, le référentiel de l’exploitant ou l’instruction de l’autorité routière compétente.
Le PTV est-il un coefficient de frottement ?
Pas directement. Le PTV est la valeur de pendule issue de l’appareil. Il ne faut pas le convertir en coefficient physique sans corrélation validée et sans vérifier que cette conversion est prévue par le document contractuel.
Que faire si le patin glisse mal ou si la surface sèche pendant l’essai ?
Interrompez la série, contrôlez le patin, rétablissez le mouillage et recommencez une séquence complète. Conservez la trace de la série invalidée et indiquez le motif dans le rapport.
Sources et licences
Chaque affirmation de cet article renvoie aux sources listées ci-dessous. Les liens ouvrent directement le site de l’éditeur.